Catégories
Formation

Quiz : Qu’est-ce que la spermathèque ?

De @ValaisApiculture, Apiculture VALAIS

 La spermathèque, aussi appelée réceptacle séminal (ou plus poétiquement poche copulatrice d’Audouin), est l’organe féminin de stockage des spermatozoïdes de nombreux insectes, mollusques et autres invertébrés. Chez les abeilles, cet organe permet à la reine de contrôler la fécondation de ses ovocytes après l’accouplement avec plusieurs (> 20) mâles. Une partie seulement des spermatozoïdes déversés dans le vestibule vaginal atteint la spermathèque grâce à l’attirance d’une hormone spécifique. D’un diamètre de ~1 mm et d’une contenance de ~0.5 μl, la spermathèque peut stocker et maintenir la fertilité de plus de 7 millions de spermatozoïdes, dans un milieu alcalin (pH 9), pendant 3-5 ans ! Les nombreux replis de l’épithélium qui tapissent l’intérieur de la spermathèque contiennent énormément de mitochondries, d’appareils de Golgi et de réticulum endoplasmiques, signes d’une intense activité métabolique. Les spermatozoïdes, agglutinés entre les replis décrits ci-devant, sont alimentés en substances nutritives par une glande en forme d’Y et en oxygène par les multiples trachées entourant la spermathèque. La reine peut moduler la fécondation des ovocytes grâce à un sphincter qui bloque l’éjection du sperme. Le mécanisme de ce sphincter serait en relation avec le diamètre de la cellule à disposition pour la ponte et dépendrait de la position des pattes postérieures de la reine agrippée sur les bords de l’alvéole… in fine, les ouvrières, par leurs constructions d’alvéoles plus ou moins larges, piloteraient la mécanique de la fécondation des ovocytes… hypothèse à vérifier.
Le rapport entre la durée du jour et de la nuit (photopériode) et la température maximale extérieur conditionnent le taux de la ponte royale. Avec une température extérieure maximale de 6°C, une bonne reine pond environ 300 œufs par jour et un peu moins de 100 œufs de plus par degré supplémentaire, jusqu’à > 2000 œufs à 25°C. Quand la spermathèque commence à se vider, la reine ne peut plus pondre d’œufs fécondés et la diffusion des phéromones royales se modifie, signifiant un prochain remérage.

Catégories
Formation

Quiz: Comment est produite la cire d’abeille ?

Quiz réalisé par le groupe Facebook de Apiculture Valais

Réponse : 

Ce sont les abeilles cirières âgées de 12-19 jours qui, à partir du miel, fabriquent la cire dans leurs 8 glandes cirières des 4 derniers segments abdominaux. La cire est excrétée sous forme de petites écailles translucides de < 1 mg que les bâtisseuses vont malaxer pour construire leurs rayons.

Il faut donc >1’000 écailles pour 1 g de cire ! 100 cirières/bâtisseuses cirières devront travailler pendant 6 heures pour créer une seule alvéole.


Le façonnage de ces rayons présuppose plusieurs critères :

  • Main d’œuvre abondante : il faut de nombreuses jeunes abeilles avec des glandes cirières fonctionnelles.
  • Beaucoup de nourriture : le miel va être transformé en hydrocarbures et acides gras par un métabolisme enzymatique complexe (cycle de Krebs intra-mitochondrial)*.
  • Température élevée à l’intérieur de la ruche : le façonnage des écailles est possible à >40°
  • Volume à disposition : si la colonie n’a pas assez de place, toute construction est impossible.

Lors d’un précédent quiz, on a vu qu’un rayon de corps Dadant contient environ 8’500 alvéoles dont le poids de la cire pèse ~120 g. Bien que très léger, le rayon de cire de ce cadre Dadant est très solide et permet de stocker ~4 kg de miel, défiant les lois de l’architecture humaine.

Une colonie bien développée produit en moyenne 250-500 g de cire/an. On se rappelle qu’il faut 7-10 kg de miel pour obtenir 1 kg de cire.

La construction des rayons a donc un coût énergétique important : il faut garder cette notion à l’esprit, lorsqu’on enruche un essaim fraîchement récupéré. Il doit être nourri pour que les cirières, recrutées par épigénétique, puissent bâtir les 6 cadres de cire gaufrée introduits dans la ruchette.

* Les différentes voies métaboliques permettent de comprendre comment la cellule, à partir des sucres (hydrates de carbone), peut synthétiser des protéines parfois très complexes avec des fonctions très performantes et des lipides entrant dans la synthèse de multiples messagers (dont les hormones/phéromones), servant à construire les membres cellulaires, permettant de stocker beaucoup d’énergie utilisable sur le long terme (corps gras des ouvrières d’hiver) et produire la précieuse cire. Il faut savoir que les 3 substances de base, sucres, protéines et lipides, se retrouvent souvent associées les unes aux autres sous forme de glyco-protéines, de lipo-protéines, etc… et permettent d’innombrables réactions au sein d’un organisme.

Photo de la publication de Apiculture du VALAIS